De cette histoire d’Algérien, je ne retiens ici que ses démélées avec la Grande Mosquée de Paris. Mais ça vaut vraiement la peine de lire toute son histoire racontée le 4 novembre 2006 par Bari Stambouli (Robert Palmade, abandonné par la France, malmené par l’Algérie)
" Le mariage
Voulant se marier avec une musulmane algérienne, Robert a rencontré un refus au niveau de la mosquée de Paris à cause de la consonance de son nom. On lui a déclaré, nous dit-il, qu’il doit se convertir d’ abord à l’islam. Bien qu’il leur ait expliqué qu’il a toujours été musulman, ils n’ont rien voulu savoir, car, pour eux, le fait qu’il soit de père inconnu et que son nom a une consonance européenne est une preuve qu’il n’est pas musulman.
Donc, les responsables de la mosquée de Paris ont mis de côté toutes ses prières et peut-être celles de son père et de sa mère (qui sait s’ils étaient musulmans ou pas ?) pour exiger sa reconversion. Ce qu’il a fait à la fin pour pouvoir se marier. Lorsqu’il a déclaré à ces messieurs qu’il avait la nationalité algérienne, on lui aurait répondu : « Ils se sont trompés en vous l’octroyant. » Robert finit quand même à accepter l’exigence en embrassant l’islam pour la deuxième fois de sa vie et s’est marié avec cette Algérienne. "
Si vous vous appelez Robert, Pierre ou Pascal, ne vous avisez pas de vous présenter comme musulman à la Grande Mosquée de Paris (GMP). À moins d’avoir, comme moi, un faciès qui ne laisse aucun doute sur votre origine nord-africaine tout en gardant Mohamed accolé à votre nom européen. Un Éric ne peut donc être musulman que s’il est islamiquement authentifié par un Younès et Bruno par Abd-Al-Haqq... On peut se demander, dans ce cas, si aux yeux de la GMP, des Arabes se dénommant Hibat-Allah (lit.Théodore : don de Dieu) sont vraiment chrétiens ?
Avouons qu’on n’embrasse pas seulement une religion en choisissant l’islam ou en y naissant. On exige de vous d’intérioriser toute une culture arabe-sémitique, imprégnée d’endogamie, de mysoginie et d’héritage patrilinéaire.
Mais le problème ne se limite pas à l’exclusion communautariste pratiquée ici par la GMP : cette Mosquée construite et entretenue aux frais de la République, exigerait encore -d’après cette histoire- la conversion avant de bénir le mariage avec une musulmane !
Je dis bien bénir, car une institution religieuse n’a plus aucun droit, en France, d’établir un quelconque acte d’état civil.
Si les journalistes de la Nouvelle République ont authentifié cette histoire, elle serait la preuve que la GMP n’a de modéré que l’aura qu’on veut bien lui préter. Au fond elle est toujours aussi archaïque que tous les musulmans classiques qui n’imaginent pas que leurs filles puissent épouser des non-convertis et non-circoncis.